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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Les murs

 

C’est au pied du mur qu’on voit le maçon

Moi je l’ai vu

Dans le petit matin

 les yeux plein de sommeil

sa gamelle sous le bras

 il partait au chantier

Il parlait seul

Dans un mauvais français

Méfiance

 

Je veux rentrer chez moi

Je suis vieux et fatigué

 J’en ai assez d’élever des murs inutiles

 

Des murs qui s’élèvent comme des harpes vers le ciel

Exhalant les vapeurs de l’humaine suffisance

C’est le mur des lamentations à un dieu sourd

Les murs ont des oreilles

Mais c'est toujours le mur du silence

Mur taché du sang de ceux qui ont essayé de le briser

C’est le mur du son

 Comme celui de la honte

  Paroles emmurées

Humanité condamnée

A des rêves brisés

C’est le mur-rempart qui protège de l’autre

 De ses différences

 De son étrangeté

 

Faire le mur pour fuir la mort

Mur tant de fois repeint mais toujours réécrit

 

Un mur un mot un  murmure comme un cri

Un simple mot

 Liberté

Et tous les murs s’écroulent

 

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Publié le par margimond

Le chant des dunes

 

 protéger tes silences

Silences silice

Tes rêves-poussières

Poussières-désert

Avec des airs de rien

pour calendrier-devenir

tu avances masquée

 

Tu avances

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Publié le par margimond

Tanka : Rouge

 

Soleil et lune rouge

Sur la ville endormie

On ne voit pas l'ennemie

La guerre n'est pas déclarée

Elle est remise à plus tard

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Publié le par margimond

Ô, comme trois pommes

 

L’enfant sait déjà du haut de ses trois pommes. Pas trois pommes à genoux, comme disent les adultes pour mieux rendre la petitesse de sa hauteur. Trois pommes d’amour, bien rouges, posées fièrement l’une sur l’autre. Trois pommes debout.

Parce qu’il veut vivre debout, lui.

Mais il sait aussi qu’il devra plier. Alors, il se fera roseau. Pas chêne, celui-là casse à ce qu’on dit. Pourtant il est beau le chêne quand il étend ses racines pour mieux  s'ancrer à la terre qui l'élève pour s’élever vers le ciel. Quand il se plante là, petite graine, au beau milieu de nulle part, pour y vivre en paix.

Peut-être qu’il sera chêne.  Il faut qu’il réfléchisse. Il sait qu’il doit faire vite, le temps lui est compté. Le compte à rebours a commencé avec les rentrées de septembre, en rang, deux par deux ou en ordre alphabétique ou encore, les petits devant, les grands derrière… au coup de sifflet, au coup de règle sur les doigts.

Les règles ne sont pas pour lui, c’est son secret, enfin pas le vrai… Jamais personne ne connaîtra son secret. Après tout, chacun son chemin. Juste un petit chemin de traverse, traversé lui même par les rayons du soleil. Pas de chemin de croix, ou de Damas, pas chemin de rondes, pour y danser comme sur le pont d’Avignon avec des « madame » qui feront comme ça et des « monsieur » qui feront comme ça, aussi.

L’enfant sourit

Il fera comme ça aussi de temps à autre.

En apparence seulement.

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